Créer des innovations responsables : pourquoi je défends la décroissance et plus la transition écologique

Les chiffres sont cruels. Il n’y a jamais eu de transition énergétique. Jamais. Pas plus qu’il n’y a eu de transition mobilitaire (des mobilités). Jamais.

Alors, en 2000, je croyais encore qu’on pourrait faire une transition, que les humains seraient assez rationnels pour se rendre compte de la nécessité de le faire. Et donc, j’ai défendu le développement des énergies renouvelables et des mobilités alternatives, pour que tout un chacun puisse passer du charbon vers du solaire ou de sa voiture vers un bus.

Nous sommes vingt ans plus tard. Quel est le résultat côté énergies ? La consommation n’a jamais été aussi haute… malgré le développement des énergies renouvelables. Un chercheur, Greg de Temmerman, le montre :

1) Historiquement, les différentes sources d’énergie ne se sont pas substituées mais empilées. Il n’y a jamais eu de « transition énergétique ».

2) Nous avons 30 ans pour transformer radicalement un système énergétique développé en 150 ans. Transformer radicalement, pas transitionner à la cool.

3) Le temps d’introduction d’une nouvelle source d’énergie a tendance à s’allonger. Une transition énergétique s’accompagne d’un développement d’infrastructures qui se sont complexifiées. La consommation étant en augmentation constante, le marché devient plus grand et l’effet d’échelle plus important.

4) L’argent ne peut pas résoudre tous les verrous scientifiques, technologiques et industriels.

5) Cette analyse scientifique est un avertissement aux amateurs de solutionnisme technologique, pour qui la technologie apportera toutes les réponses.

6) Les véritables leviers d’action seraient une utilisation plus rationnelle de l’énergie. Donc la décroissance de nos consommations. Donc la décroissance.

Je pourrais vous faire la même démonstration quant aux mobilités : tous les efforts pour développer les transports en commun, le vélo, la marche, les trottinettes, etc, ont permis d’offrir des moyens de se déplacer à plein de gens. Mais n’ont pas du tout diminué la quantité de déplacements réalisés en voiture. Au contraire, même. Là encore, la recette pour diminuer les pollutions liées aux usages de la voiture est simple : réduire la possibilité d’utiliser sa voiture. Donc décroître.

CQFD

Pour aller plus loin : https://www.collaborativepeople.fr/single-post/2019/12/10/La-transition-%C3%A9nerg%C3%A9tique-cest-pour-quand-Un-chercheur-sexprime