Fleuriste au coin de la rue (photo par Krisztina Papp, trouvée sur Unsplash)

Mobilités : inverser la logique

La question majeure, et la seule que devraient se poser les décideurs économiques et politiques, c’est de savoir comment répondre au mieux aux besoins des humains (s’éduquer, se rencontrer, gagner de l’argent, produire et acheter de quoi se loger et se nourrir, se soigner, etc) tout en maintenant la paix. Et les déplacements ont un rôle à jouer dans ces domaines.

Pour tenter de répondre au mieux à ces besoins, tout en réalisant des économies, les décideurs ont pensé qu’il fallait centraliser la plupart des services. Tout en promouvant des logements éloignés de ces nouvelles centralités. Et ils ont donc fait construire moult routes et autoroutes pour relier les deux. Puis, constatant que cela entraînait beaucoup de pollutions et d’effets négatifs variés, ils ont misé sur le développement du train, que ce soit sous forme de métro rapide, de trains régionaux ou de trains nationaux très rapides.

Le constat que tout le monde partage est que ces infrastructures permettent d’aller de plus en plus loin dans un temps égal à celui consacré auparavant à aller près pour répondre à ces besoins. Donc on a pu éloigner les réponses aux besoins, encore et toujours plus. Et donc ça devient difficile de trouver réponse à ses besoins dans un temps, une distance et un budget raisonnable. Ce qui pose une nouvelle question : comment résoudre cette nouvelle équation impossible ?

Ceux qui construisent, gèrent et vendent des infrastructures (des routes, des autoroutes, des chantiers de trains, des aéroports) écrivent et pensent que la solution pour répondre à cette question majeure, c’est de construire encore plus d’infrastructures (des trains rapides, des autoroutes, des rocades). Quelle surprise… (sic). Et les élu.e.s se laissent berner, avides qu’ils sont souvent de pouvoir inaugurer des chantiers et des édifices.

Le problème, c’est que ces infrastructures de plus en plus nombreuses, et dédiées très majoritairement à des modes de déplacements rapides, permettent d’éloigner encore plus les réponses à nos besoins de là où nous dormons. Et accroissent donc les problèmes. Qui leur permettront de vendre puis inaugurer encore d’autres infrastructures pour régler le problème créé par les premières…

C’est une sorte de raisonnement tautologique !

Je fais le pari inverse : désormais, nous devons miser sur les rapprochements. Recréer des proximités géographiques, spatiales, sociales. Et donc arrêter d’investir dans ces grandes infrastructures, pour au contraire subventionner et investir dans tout ce qui permettra de réduire les distances à parcourir pour répondre à nos besoins. Bref, faire du neuf plutôt que penser que la même recette qui n’a jamais fonctionné va soudain produire des résultats différents.

Et nous sommes de plus en plus nombreux à plaider pour cette inversion des priorités. Une révolution serait-elle en marche ?